Amour & Résilience

Amour & Résilience

Il y a quelques semaines je vous parlais du couple, ce thème qui me tient tant à cœur, ce thème qui me fait tant rêver, penser, divaguer.

Aujourd’hui, dans l’extension de ces pensées, j’avais envie de vous parler de la résilience en amour. Oh comme j’ai des choses à dire sur cette capacité de se reconstruire après un traumatisme amoureux.

Hélas, c’est sûrement le sujet sur lequel j’ai eu le plus d’occasion de réfléchir ces dernières années : par mon vécu, celui de mes parents, celui de mes amies les plus proches, de mes sœurs. Avec mon oreille attentive et mon cœur lui-même meurtri, j’ai vu, vécu et éprouvé tant de situations d’amour et d’engagement bafoués… il était temps d’en faire ressortir (peut-être ?) quelque chose de positif. De salvateur en tous cas.

Mais… revenons à ce qui m’a fait accoucher cette réflexion, avec cette sorte d’émerveillement de la surprise, qui caractérise toujours mes papiers de ce genre. Vous savez cette sorte d’urgence, qui, quelque soit le lieu où je me trouve et le temps qu’il fait, me pousse à écrire, vite.

Ça s’est passé vers 10h00. Jo m’a envoyé un sms d’amour. C’est comme une lettre d’amour, mais plus court, et plus intense. Il s’est laissé aller à une très touchante envolée lyrique, dans laquelle (avec quelques fautes d’orthographes) il me déclarait sa flamme et me redisait l’amour brûlant qu’il avait pour moi. Un amour robuste et inconditionnel dont il m’a fait tant de fois la preuve.

Bien qu’on soit très fusionnels et très démonstratifs, ça m’a beaucoup touchée… plus que d’habitude.

Et puis ensuite, sans que je ne sache vraiment pourquoi, ça m’a replongée dans plusieurs souvenirs, plusieurs bribes de vie qui ont eu lieu de façon éparpillée au cours de ces dernières années.

J’ai pensé d’abord à l’une des épreuves les plus difficiles de ma vie, une rupture qui a eu lieu il y a 3 ans suite à l’infidélité de celui qui était mon tout (c’est fou, j’ai l’impression que c’était dans une autre vie). Oui je sais, aujourd’hui c’est une situation banale, qui lorsque racontée se voit tristement répondre « ah oui, à moi aussi il m’est arrivé la même chose… » mais tout de même, c’est ce genre d’épreuves dont on pense ne jamais se relever. Ce genre d’épreuves qui met justement à l’épreuve notre capacité de résilience. Et puis, c’est d’autant plus vrai quand on a placé en l’autre, en ce couple que l’on formait, un espoir de vie à deux, un espoir d’absolu. Quand on y a cru. Quand on y a cru comme on croit que la Terre est ronde. Le sentiment d’abandon, de trahison, vous bafoue dans votre plus profonde intimité. Il va jusqu’à entacher votre propre identité, l’image que vous avez de vous, dans la vérité de votre miroir de salle de bain. Il vous poursuit jusque dans les rares moments où vous avez le courage de regarder votre propre reflet, de croiser votre propre regard et de vous voir dans la plus pure vérité, sans filtre, sans rôle, sans rien. À nue.

Je me souviens avoir physiquement ressenti la brûlure qui consumait mon âme à ce moment là. C’était il y a un peu moins de 3 ans.

Aujourd’hui, quand je fais le bilan, je vacille tellement ma situation amoureuse me semble éloignée de ce que je projetais pour moi même… et heureusement ! Parce que oui, si il y a bien une chose que j’ai apprise sur moi au cours des longs mois qui ont succédé cette rupture, c’est que j’ai une capacité de résilience hors-norme, et ce en fait, depuis toujours, qu’importe les épreuves. Je ne m’en était jamais vraiment rendue compte. Mais quand il a s’agit du cœur, ma guérison a été différente et est passé par un état qui était parti pour durer jusqu’à … Jonathan.

À force d’être forte, que dis-je, inébranlable, je m’étais en réalité endurcie, affadie, au point de perdre toutes mes nuances. Reformatée mentalement pour ne plus jamais chavirer, je me suis convaincue que je deviendrai cette femme forte, contrôlée, imperceptible… inatteignable.

C’est très exactement la femme que Jo a rencontrée. Et je ne sais par quel miracle, il en est tombé amoureux, au tout premier regard, sans jamais faillir à cet engagement moral du tout premier jour : « c’est elle ».

Inutile de vous dire qu’il n’a pas été accueilli avec le même enthousiasme. Il a eu à faire à une hyène sans cœur pendant au moins 6 ou 7 mois avant qu’enfin … je me laisse touchée par la grâce de l’amour. Je n’aurais JAMAIS pensé dire ça, mais aujourd’hui je réalise que la vie avait en fait tout prévu. Je tairai son nom car il ne mérite pas de figurer dans ce papier, mais celui qui était mon premier en tout… que j’avais chéri plus que ma propre personne, que j’avais tant aimé, était en fait une simple esquisse de ce que pouvait représenter le couple.

Aujourd’hui enfin, il m’est donné l’occasion de vivre l’œuvre complète, avec ses douleurs, mais surtout avec ces moments hors du temps, ces moments d’absolu, qui apportent réconfort à tous les doutes sur le « sens » de la vie.

Cette matinée à réfléchir m’a aussi rappelé une autre bribe de vie : une discussion que j’ai eu avec l’une de mes plus proches amies, que j’ai pour habitude de cajoler comme ma petite sœur, tant son cœur pur et sa bienveillance sont sans limite.

N’écoutant que son cœur et se tenant fièrement face à tous les « on-dit » qui ont accompagné son seul choix amoureux, celui qu’elle avait fait pour la vie et qui lui avait été soufflé depuis son enfance, elle avait choisit de vivre avec celui dont elle était amoureuse depuis l’âge de 9 ans. À 25 ans, ils partageaient désormais le même toit, ils formaient ce tout dans lequel elle aussi, elle avait placé tant d’espoir. Mais non… encore un « ah oui, à moi aussi il m’est arrivé la même chose… ». Trajectoire de vie déviée.

S’en est suivie avec mon amie, des heures et des heures de discussion (c’est avec elle que j’échange le plus sur l’amour, la vie, la philosophie…) sur le sens de tout ça. Sur la nature de l’Homme, sur le sens des choses, des engagements… et puis tout comme moi, le doute s’est emparé d’elle au point de modifier (temporairement ?) celle qui croit le plus au monde au couple et au mariage. Fini. Pour elle c’était fini. Car si CETTE relation, celle qu’elle avait eu avec son âme-sœur de toujours finissait ainsi, comment était-il possible de trouver du sens aux prochaines ? Comment était-il possible d’accorder de nouveau sa confiance ? Comment, alors qu’elle luttait pour ne pas se noyer et rejoindre le rivage de ceux qui sont guéris, allait-elle réussir à repartir pour une traversée amoureuse ?

« Je ne pourrai plus… » m’avait t’elle dit, avec une voix étouffée.

Et moi, je lui ai fait la seule promesse que j’étais certaine de tenir ce jour là : tu te relèveras ma chérie. Car tu as une capacité de résilience dont tu ne soupçonnes même pas la puissance. Je te montrerai la voie.

Et puis, impuissante, je continuais de revivre mentalement tous ces moments : le pourquoi du divorce de mes parents, le pourquoi mon autre amie divorçait après 1 an de mariage, le pourquoi ma copine retombait toujours dans les filets de son pervers narcissique de copain/ex au bout de 10 ans, le pourquoi au cours d’une vie il nous était donné de vivre tous ces traumas émotionnels.

Aujourd’hui je vous parle du couple, car l’amour est un sujet qui me passionne, qui me ronge autant qu’il me fait rêver. Mais qui, pour sûr, amorce en moi tant de questionnements. Je crois que le début de réponse à toutes mes questions est que par définition les choix du cœur son faits de sensibilité.

Ils reflètent notre sensibilité au monde, à autrui et aux valeurs auxquelles on croit. Ils affirment aux yeux du monde notre personnalité, notre identité même parfois. Et ce qui est sûr, c’est que tout ce qui touche à l’humain, au sens le plus propre du terme, est fait de subjectivité, d’affect et donc… d’erreurs, d’un côté comme de l’autre d’ailleurs.

Alors quelle serait notre mission face à ce champs des possibles et cette marge d’erreur que l’on ne peut ni contrôler ni pronostiquer ? Je dirais, peut-être commencer à considérer l’être aimé à travers le prisme de nos valeurs morales (et faire les choix que nous dictent celles-ci ?) et chérir notre incroyable capacité de résilience… (au cas où, même LUI, ferait le choix de nous faire souffrir).

À vous mes sœurs, que je soutiens dans toutes vos peines de cœur.

2 comments

  1. Dys

    Bonjour Jade
    Je viens de finir un livre qui s appelle :Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi qui aborde exactement les même thèmes que ton article. Je ne sais pas si tu l as lu
    Et ce matin je lis ton article😉
    Toujours avec autant d intérêt
    La reconstruction est parfois lente et difficile mais on y arrive
    Merci pour ton partage
    En espérant te lire de nouveau bientot

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