Cours Forrest, Couuuuuurs !

Je n’arrive pas à croire que ça y est, c’est fait. Et que ça m’a pris 51 minutes et 46 secondes.

Dimanche dernier, l’événement pour lequel je me suis préparée ces 6 dernières semaines a eu lieu : j’ai enfin couru les mythiques 10km Paris Centre by Nike !

Oooook je sais, pour la plupart d’entre vous, surtout si vous faites du running, vous allez penser, légèrement dédaigneux « heu, c’est que 10km meuf ! Je croyais que t’étais grave sportive… Ça vaaaaa ! »

Mais à vrai dire je vais vous expliquer pourquoi oui « ça va » mais que non, ce n’était pas une évidence. Pour commencer je tiens à rappeler une chose, c’est qu’à mon sens dans le sport il n’y a quasiment que des performances relatives et non absolues. Pourquoi ? Car comme je vous le disais déjà dans de précédents articles, en sport, selon moi, la performance ne tient pas tellement à ce que sont capables de réaliser les autres, mais plutôt à ce que nous sommes capables de réaliser à un instant T puis après travail et acharnement à un autre instant T.

C’est cette marge de progression qui est importante. C’est cette comparaison entre vous et vous qui reflète votre pugnacité, votre capacité à vous dépasser et qui illustre de façon formidable le caractère infini de nos possibilités – et ce, peu importe le point de départ.

En ce qui me concerne le point de départ du running, vous le savez, était proche de zéro. Je n’avais jamais couru de courses de ma vie, je n’avais jamais participé aux rassemblements running de quartiers (ultra-populaires à Paris) et mes compétences en footing dominical entre potes se résumaient au nombre de … 1 ! Une fois, il y a genre 6 mois avec ma copine Cynthia (super-forte, super-marathonienne et malade de course). D’ailleurs le plus drôle dans l’histoire c’est qu’à l’époque pour que ça soit équitable elle avait couru genre 10 bornes avant que j’arrive pour qu’on puisse ensuite courir à peu près à la même vitesse : 9,5 km/h : moi étant au bout de ma vie et elle attaquant sa phase de récup… Si encore c’était tout : elle avait fait 10 bornes de plus après mon départ la crâneuse !

Le pari des 10km Paris Centre en mode « hey salut je suis une blogueuse fitness et je vais grave gérer » en était donc vraiment un ! J’avais envie de me rendre fière, de vous rendre fiers, de prouver à toute la team qui m’a accompagnée qu’ils avaient eu raison de me faire confiance tant sur le plan humain que sportif … bref j’avais un peu la pression quoi. Une pression comme d’habitude que je me suis mise toute seule comme une grande ^^

Mais quand même, je m’étais promis une chose : me transcender certes, mais surtout prendre du plaisir !

Et puis comme ça, l’air de rien, après des semaines de prépa avec la super équipe d’Intersport Rivoli, avec les foufous de chez Tr1be qui m’ont vraiment entourée tout le long, après les innombrables massages de l’équipe de Topazen pour soulager mes gambettes mises à rude épreuve 3 fois par semaine… c’était enfin le jour J !

Dimanche 16 octobre – 10h – j’étais l’une des petites fourmis de l’immense foule, ultra-dense, portée par l’événement. À cet instant précis j’étais retournée par un mélange d’adrénaline, de peur et d’excitation. 10h05 : départ imminent… Ahhhhh. 10-9-8… des frissons me parcourent le corps de la racine de mon crave à la pointe de mes pieds… 7-6-5 OMG c’est maintenant je lance le chrono… 4-3 et la musique… 2-1. C’est parti !

Sans bien réaliser que LE moment de se dépasser et d’être plus performante que la Jade d’il y a 6 semaines, moment que j’avais tant imaginé était arrivé et que j’étais désormais en train de le vivre, je voyais mes pieds s’agiter de plus en plus rapidement jusqu’à trouver leur cadence idéale.

Les 4 premiers kilomètres se passèrent sans embûches. Je me sentais vraiment légère, ma respiration était fluide, mes articulations biens huilées : ça roulait comme sur des roulettes ! Je me payais même le luxe d’accélérer mon allure à chaque kilomètre avec un petit reminder de l’app Nike+ Run Club pour me motiver tous les kilomètres !

C’est donc sans grande difficulté que j’atteignis les 5 kilomètres et le fameux ravitaillement de mi- parcours. Bon physiquement tout allait parfaitement bien donc inutile de se ravitailler si ce n’est pour boire une petite gorgée d’eau bien méritée ! Mais tellement obnubilée par mon chrono, je n’ai pas voulu m’arrêter, même 5 secondes et ai bu en courant (genre vraiment – ma narine gauche aspergée au passage s’en souvient) et … j’ai totalement déréglé ma respiration.

30 secondes plus tard. L’ennemi public numéro un du runner… je me tape un poing de côté. La douleur à ce moment là, entre ma respiration qui peine à revenir à la normale, mes pieds qui ne se résignent pas à ralentir (au contraire – c’était pile sur la rue Royale et j’avais une belle ligne droite pour accélérer) et cette zone dans mon abdomen qui me lance et me plie en deux … est insupportable !

Jusqu’au kilomètre 7, ça été un dialogue avec moi-même. Dans ma tête je me faisais croire que je ne sentais rien, je me concentrais sur ma respiration en suppliant tous les saints de faire partir de foutu poing de côté. Ma concentration était maximale. Je me voyais déjà devoir répondre à cette question « pourquoi t’as marché à ce moment là ? »… « Bah j’ai eu un poing de côté… » JAMAIS DE LA VIE !!!!!

Et puis comme toujours, le mental a raison du corps et quand on résiste, tout fini toujours par passer. Alors c’est passé et j’ai attaqué la montée dans grands boulevards plus déterminée que jamais. J’entendais dans l’oreillette que mon chrono était de plus en plus encourageant et je commençais à rêver d’une petite perf ! Mon objectif était de faire mieux qu’à l’entrainement sur le même parcours : 57’58’. Donc secrètement, même si j’avais annoncé « moins d’une heure », je me souhaitais un 56 minutes et je voyais bien que j’étais en bonne voie pour aller la chercher.

La montée était l’occasion parfaite pour gonfler mon moral et concrétiser mon enthousiasme : j’ai de bonnes jambes et 2 kilomètres de montée avant le sprint final sera l’occasion pour moi d’en dépasser quelque uns et de rentrer un peu dans le dur ! Oui c’est bizarre mais moi j’aime bien quand ça fait un peu mal, que les muscles souffrent et que l’acharnement est la seule issue. C’est là que je suis la plus performante en général. Ça s’est prouvé encore une fois à ce moment là.

Et là, le finish. Ça a été une autre histoire. Le kilomètre le plus long de toute ma vie. Mes jambes tiraient, mon souffle était saccadé (j’étais partie en sprint dès l’annonce du dernier kilomètre) et je souffrais vraiment. Genre vraiment. Je ne savais plus où j’en étais côté chrono car la musique de l’arrivée au loin m’avait fait rater l’annonce de l’app … Toute façon plus le choix : tu cours au maximum et tu vomis après, tant pis.

100m… 80m… j’ai maaaaaal. 50m …Je regarde Laura ma coach qui a fait toute la course à mes côtés. Je sais qu’à ce moment là elle voit le désespoir dans mon regard. Elle place sa main dans mon dos et me pousse. Je la bénie à cet instant : grâce à elle et à sa main bienveillante je ne peux pas ralentir… et je passe la ligne d’arrivée à toute vitesse, je stoppe le chrono… je suis épuisée.

Epuisée par l’épreuve oui, mais pas que… je suis sportive après tout… non en fait je suis surtout épuisée d’avoir vécu une aventure aussi jolie, tant sur le plan sportif (sacrée prépa !) mais surtout sur le plan humain : de super rencontres, de supers moments, des vidéos, des photos, des trainings beaucoup trop matinaux, des runnings beaucoup trop tardifs aussi (hein la team du mardi !) et de merveilleux souvenirs ! Anxieuse et un brin vacillante je me décide à affronter la réalité du chrono et découvre… stupéfaite : 51’46. Bonheur intense.

2 comments

  1. Eva

    Congrats meuf ! Si tu continues à courir, j’ai une astuce pour les points de côté : tu sers ton pouce (du côté de la douleur) fort dans ta main. Je sais pas trop comment ça fonctionne mais la douleur disparait !

    Répondre

    1. jadespaper

      OMG c’est quoi cette astuce de l’enfer ?! Ok je vais aller courir 15 bordes rien que pour tester :p Ahhahah merci en tous cas 🙂 xx

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *