DO WHAT'S VALUABLE - JADE'S PAPER

DO WHAT’S VALUABLE !

Aujourd’hui, j’ai regardé une vidéo, une conférence TEDx pour changer, et ça m’a fait tilt. J’ai eu le sentiment que c’était la dernière pièce du puzzle, le dernier élément qu’il me manquait pour accoucher la réflexion d’aujourd’hui.

« Do what’s valuable ».

Cette phrase et l’analyse de l’orateur du jour ont raisonné en moi pour la bonne raison que c’est un chemin, sinueux et périlleux, par lequel je passe justement en ce moment et, bien que je le ressentais de façon limpide, j’avais encore du mal à le mettre en forme dans ma tête. Dans la partie consciente de mon cerveau. Enfin je n’y connais rien au cerveau, moi je suis une hyper-sensible qui ne connaît que les sinuosités du cœur, mais nous dirons que ça fonctionne comme ça.

Dans la vidéo, et dans ma tête aussi beaucoup, la problématique est la suivante : comment construire et avoir une carrière épanouissante.

Aujourd’hui, la tendance (notamment auprès de la génération Y et Z) est à la réponse suivante : « suis ta passion et travaille dur ». Mais la réalité est autre. Ça je l’ai appris jeune, très très jeune, car j’ai eu la chance de faire la rencontre de l’une de mes passions (« l’une » ce détail est important) alors que je n’avais que 6 ou 7 ans : la danse. La danse a fait partie de ma vie, que dis-je la danse était ma vie, jusqu’à mes 15 ans environ et c’est donc par une sorte d’évidence et de continuité du corps jusqu’à l’esprit que, pendant des années, je rêvais secrètement d’en faire mon métier. Vivre au rythme de la scène vêtue de bas-résilles et jambières et éblouie des projecteurs me semblaient être un idéal absolu. Et puis j’ai grandi, j’ai quitté la Martinique et la réalité de la vie avec sa magie mais aussi sa rudesse s’est imposée à moi. Parfois avec pertes et fracas je le reconnais mais souvent avec une sévérité qui s’est finalement avérée salvatrice. Alors, mes rêves ont évolué et mes passions aussi. Et bien que la danse aura à jamais une place de privilégiée, j’ai appris que l’on pouvait changer, grandir, évoluer et aimer différemment et qu’il n’y avait aucun mal à ca. Il fallait juste le savoir et ainsi ne pas baser ses choix sur cette boussole qui ne cesse de redistribuer les cartes, nous laissant parfois bredouille, avec amertume et découragement sur les brouillons en pagaille de projets trop vites enclenchés.

Je sais que les rêveurs, les audacieux, les romantiques et les non-résignés se reconnaîtront ici. Etre à la poursuite permanente de ses rêves n’est pas une tare et je me refuse à qualifier cette attitude optimiste d’immaturité ou de fuite du réel. Car c’est faux. Le problème est parfois ailleurs : nous échafaudons nos plans avec la mauvaise boussole : et j’en connais un rayon !

Combien de fois nous-sommes nous sentis frustrés face à un mauvais choix d’études, découragés face à notre propre manque d’audace et de courage ou encore résignés à l’idée de tout recommencer à zéro, témoins inefficaces de notre propre naufrage, au moment même où nous sommes pourtant persuadés de tout faire pour y arriver.

Souvenez-vous : « Je ne comprends pas, j’ai choisi de suivre ma passion, je travaille comme une bête de somme… et je n’y arrive pas. » ou encore « Je suis un excellent élève depuis le CP, j’ai tout réussi du premier coup et malgré un travail acharné, j’ai échoué dès ma 1ère année de prépa » ou enfin « Je suis née dans une famille de médecins, j’ai toujours été attiré par cet univers, j’ai persévéré… et j’ai tout lâché en 6ème année, je suis un échec total ! » . D’ailleurs la définition adéquat de ces situations serait plutôt : je ne rencontre pas ce que je définis comme le succès (je vous laisse établir vos propres critères, mais je peux vous en citer quelques uns, érigés par la société : argent, notoriété, gloire, pouvoir, statut social…).

Le problème c’est que, comme expliqué dans la conférence, la solution n’est pas toujours de suivre sa passion – mais plutôt de se demander (et ça c’est mon ajout personnel) : À quoi suis-je véritablement doué ? Quelle est ma singularité profonde ? Comment puis-je apporter quelque chose de vraiment valable à autrui ? Quels sont mes atouts, comment puis-je les perfectionner – atteindre l’excellence – et les offrir au monde ? Plus globalement et un peu de façon onirique : « Quelle est ma mission sur Terre ? »

Vous voyez, la différence est là. Elle est subtile, parfois même invisible à l’œil nu (et il vous faudra opérer un sacré travail d’introspection mais aussi d’action pour la déceler) mais elle est essentielle. Plutôt que de sans cesse se demander ce que l’on AIME faire, demandons nous plutôt ce que nous SAVONS faire. Parce que oui, par définition : ce que l’on aime évolue, en même temps que nous et c’est merveilleux ainsi : cela nous permet d’avoir une formidable capacité à nous réinventer et à nous divertir, tout au long de de notre vie. Et d’ailleurs, par savoir faire, je ne parle pas uniquement de « compétences » qui par définition s’acquièrent par le travail et la persévérance mais plutôt qu’avons-nous par notre personnalité, nos qualités morales, notre éducation, nos valeurs, notre formation et nos compétences de plus à offrir au monde, qui n’est ni remplaçable ni interchangeable.

C’est une question complexe bien sûr qui prend sûrement des années à élucider et qui est bien entendu en perpétuelle mouvance…mais je crois qu’être sur le chemin de cette réflexion est déjà un immense pas en avant.

Prenons mon exemple : non pas comme modèle mais comme cas d’illustration et puis parce que j’ai envie de le partager avec vous, même si cela signifie être peut-être plus vulnérable.

Depuis petite je vous l’ai dit, je suis une passionnée de danse. Je crois pouvoir dire que j’étais vraiment douée mais je fais tout de même une nette différence avec ce que j’appelle une vocation. J’ai eu la chance d’en fréquenter, des personnes nées pour danser et je crois au plus profond de moi que je ne suis pas l’une d’entre elles. Et puis en grandissant, je me suis « passionnée » pour d’autres choses que vous connaissez : le sport, la lecture, les voyages, le maquillage etc. et d’autres que vous connaissez un peu moins : le développement personnel, les relations humaines… l’amour. Oui ce sont les choses qui m’animent, parmi tant d’autres, et qui font de moi cet être sensible, de chair et d’os.

Et puis il y avait aussi, comment dire, la continuité familiale, la société, les codes préétablis. Depuis petite j’adore l’école, je suis douée à apprendre, je viens d’une famille d’intellos (mum & dad : des gros cerveaux… #pression) et en plus de ça j’ai de formidables modèles avec mes quatre grands frères et sœurs qui, sans trop de chichis ont bien honoré les différentes voies « possibles ».

Vient donc mon tour.

Bien qu’à l’intérieur je me sens déjà tiraillée depuis l’âge de 14 ou 15 ans… je reste quand même une jeune fille modèle à l’époque et faut pas trop faire de vagues. Donc à 17 ans et avec mon bac en poche, comme un bon compromis entre mon côté littéraire, mon bon niveau de culture générale et d’éco et surtout mon côté très pratique et « parisien » : je choisis de faire des études de publicité (après avoir refusé avec la plus grande fermeté ce que je considérais comme le moule de la prépa HEC ! #sujetépineux).

A ce moment là, je fais ce choix sans me poser une seule seconde les questions évoquées plus haut : À quoi suis-je véritablement douée ? Quelle est ma singularité profonde ? Comment puis-je apporter quelque chose de vraiment valable à autrui ? Quels sont mes atouts, comment puis-je les perfectionner – atteindre l’excellence – et les offrir au monde ? Quelle est ma mission sur Terre ?

Bah ouais… « on » (le système quoi) m’a dit “allez maintenant faut choisir. T’aime pas les métiers scientifiques, tu vas pas choisir des études littéraires pour finir prof ou théoricienne (tu l’es pas !) et t’as un esprit vif et « business-oriented » donc le choix de la pub est le bon !”

« Heuuu t’es sûr de ça ? ». Je m’entendais me répéter ça en boucle dans ma tête.

Et puis le temps a passé et le formidable pouvoir du quotidien a opéré : j’ai 22 ans, je viens d’achever de super études de pub saupoudrées de stratégie, de communication digitale et d’un peu de marketing. J’ai tout eu du premier coup, j’ai mon Master II. À moi le marché du travail.

Ah tiens, encore une petite visite de « la société », qui cette fois-ci ricane et me crache un « ah ouais mais tout le monde fait ça aujourd’hui ! tu fais d’la com’ quoi ».

Malaise. Malgré mon comportement de gentil soldat, docile et appliqué, acharné au travail, ce n’était toujours pas bon aux yeux des autres. Et au fond de moi, moi aussi j’avais envie de ricaner.

Mais je rangeais mes états d’âmes de côté parce que eh oh je vais pas m’excuser de qui je suis ou de mon parcours, je suis intelligente, j’ai fait des études valables, je suis douée dans mon domaine, je travaille dur et en plus de ça j’ai pas mal d’expérience après ces 5 années à cravacher. Ignorant les pessimistes, les cyniques et les arrogants, j’ai poursuivi ma route, jusque dans des bureaux parisiens avec CDI et tout et tout… pas trop sûre de moi tout de même, l’angoisse au ventre, et parfois… les larmes au yeux.

Et puis là, juste LÀ sous mes yeux depuis toutes ces années, j’avais ce qui m’est apparu bien plus tard comme étant ce que moi, Jade, j’avais à offrir aux autres. Toutes ces feuilles noircies de mes réflexions, tous ces petits carnets, toutes ces nuits blanches à écrire, depuis mes 15 ans, tous ces moments de vies que je m’amusais à incarner et à raconter avec mots, photos et vidéos. Touts ces discours, présentations, allocutions réfléchies, écrites puis présentés à ma famille, à ma classe, à des jurys, à vous. Au monde somme toute.

Et puis la continuité qui m’a parue évidente, il y a un peu moins de deux ans : l‘ouverture du blog et la mise en perspective de tout ça, dans un travail permanent d’équilibriste entre volonté de rester soi-même, d’être actuelle, d’être attractive. D’être singulière, unique et non-interchangeable. Mais sans pour autant avoir la prétention d’être une révolution. Juste d’apporter un peu de moi au monde et de le rendre meilleur à ma façon et avec mes outils, aussi modestes soient-ils.

Alors ça me fait toujours sourire quand on me pose la question, assez régulièrement d’ailleurs : ça t’apporte quoi de faire ça ? J’ai plutôt envie de dire « qu’est-ce que ça t’apporte à toi, de me lire ? » car je ne le fais pas pour moi, au fond.

Ou alors quand on me dit « et tu gagnes combien avec ton blog ? Et c’est ta passion d’être blogueuse ? Et tu fais comment pour gagner des followers ? Et t’as pas envie de choisir un thème et de t’y tenir ? Toute façon tout le monde fait ça blogueuse, toi ça fait longtemps ? »

A vrai dire ce sont autant de questions que j’essaye de ne pas me poser, même si la plupart du temps ce genre de remarques me blessent, m’angoissent, me déçoivent ou me découragent. Mais je ne le montre jamais. Je l’avoue juste là, timidement, à la fin d’un article que seuls les plus téméraires liront jusqu’au bout.

Mais il y a une chose que je sais maintenant et qui ne me quittera plus : je sais que, malgré les difficultés, malgré le temps qui passe et qu’importe la forme que cela prendra : je fais ce que j’ai de mieux à apporter au monde. Aussi petit soit mon monde.

J’éprouve, j’écris, je partage, je créé et j’avance.

Qu’importe la destination, je ne la connais pas, je ne connais que la foi qui me guide à elle.


 

11 comments

  1. Edwina

    Hello 🙂 ! J’adore ce que tu écris et l’esprit dans lequel tu le fais. Merci pour tes écrits, tes pensées… Cet article est passionnant, il donne des pistes pour se relier à l’essence de sa vocation et ça c’est formidaaable !
    Continue à faire ce que tu aimes et penses être le mieux ! #xoxo #UneLectriceRégulière

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    1. jadespaper

      Coucou Edwina, merci beaucoup ! Wow, ça me fait tellement plaisir de lire ça : du carburant pour toute la journée ♡
      Gros bisous et encore merciii ! A très vite 🙂

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  2. Nin

    Tout en sincérité ! <3

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    1. jadespaper

      Comme toujours, non ? 🙂 Bisous Nin

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  3. Thia

    Je ne connaissais pas ton blog. Je suis tombée dessus par hasard. Très bel article. J’ai eu l’impression de lire mon histoire. Et c’est vrai, finalement, la question la plus dure est: qui suis-je réellement ? Une fois la réponse trouvée (si nous y arrivons), une lueur apparaît et nous laisse entrevoir toutes les possibilités qui s’offrent à nous. Bonne continuation Jade

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    1. jadespaper

      Hello Thia ! Merci beaucoup 🙂 Je suis ravie que le hasard ai bien fait les choses alors et d’avoir pu partagé ça avec toi !
      Surtout, ça me fait plaisir de lire que tu te sois identifiée à moi : on se sent moins seule ahah
      A bientôt ! xx

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  4. Catherine

    Quel plaisir de te lire…..tout cela m’a ressourcé en ce début de mâtinée.
    Continue ainsi et laisse les remarques désobligeantes derrière toi ( et surtout pas découragement !)
    Au plaisir de lire ta prochaine publication.

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    1. jadespaper

      Merci beaucoup Catherine !!!! 🙂 A bientôt !!!

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  5. Dys

    Un très bel article
    J aime bcp ta facon d écrire et de présenter les choses
    Je m y retrouve et ça fait du bien
    Alors merci à toi
    Hâte de te lire à nouveau

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    1. jadespaper

      Merci beaucoup ! C’est vraiment adorable, je suis ravie de savoir que tu t’identifies, car c’est ce qui m’intéresse le plus : de partager avec vous et de vous montrer qu’on est tous dans le même bateau malgré les apparences ♡ ! Bisous 🙂

      Répondre

  6. dys

    très bel article
    j’aime bcp ta façon d’écrire et de présenter les choses
    je m’y retrouve et ça fait du bien
    alors merci à toi
    hâte de te lire à nouveau

    Répondre

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