la complexité des hommes

Not that simple !

Si il a bien une chose que j’adore faire dans la vie, c’est discuter. Avoir des conversations.

Ce voyage à LA nous l’avons partagé pendant quelques jours avec nos amis, Alizée et Maxime, et ce qui est génial dans notre petit quatuor c’est que nous sommes à la fois semblables et très différents, selon les sujets. Cela nous offre donc la possibilité d’échanger sur nos états d’âmes, nos points de vue et parfois de confronter nos ressentis contraires. 

C’est justement ce que j’adore dans l’amitié : cette capacité à partager, à discuter, sans jugement. Dans la totale liberté de ce que nous sommes et dans l’exploration de ses propres contradictions parfois. Un échange très sains et très fécond de réflexions, que le simple couple ne permet pas toujours d’avoir. 

Lorsque vous acceptez d’ouvrir votre cœur et votre vie aux amis, vous avez également la formidable occasion de découvrir la complexité des êtres humains. Tant de fois nous sommes tentés, même lorsque l’on est attentifs, de se faire « un avis » sur les uns et les autres. 

Vous savez, ces petites formules d’apparence anodines … « lui c’est un nerveux », « lui n’est pas très drôle», « elle, elle est douce », « nous on est bling-bling »… 

En faisant ça, mine de rien, on se laisse aller à une forme d’étiquetage en règle. 

Mais en réalité, nous ne sommes pas des adjectifs, nous ne sommes pas qu’une description en 3 mots. Nous sommes complexes, pluriels, complets et parfois même, contradictoires. 

C’est l’essence de l’Homme.

Et voilà pourquoi j’aime l’amitié. Car elle permet justement d’explorer l’Autre, grâce à sa profondeur et au partage qu’elle induit.

Au sein de notre groupe, composé de 2 couples, c’est quelque chose qui se vérifie énormément. Quelque chose de très marqué. Car nous sommes extrêmement différents dans notre façon de nous exprimer ou de gérer nos émotions. Et que nous en parlons, beaucoup.

Et je trouve ça d’autant plus intéressant que les réseaux sociaux jouent parfois (souvent, avouez-le) un rôle dans tout ça. 

Car non seulement il est difficile de vraiment connaître quelqu’un, de rentrer dans son intimité lorsqu’on le côtoie dans la vie réelle, mais alors lorsque que cela se confronte à l’idée que l’on se fait d’une personne à travers ce qu’il choisi de partager, cela demande encore plus d’ouverture et d’empathie pour atteindre la vérité.

C’est alors que la place de la conversation est énorme. Indispensable. Essentielle. Car elle permet de grandir et de comprendre, à travers l’autre. L’écoute devient un apprentissage.

Alors oui, parfois ça fait des étincelles, le ton monte,  les egos sont blessés. 

Ou alors des fous rires éclatent. Et c’est ça la vie. On découvre toute la complexité des uns et des autres. Dans un cheminement aussi intéressent que difficile à appréhender. 

Cela me fait aussi penser à mes échanges avec mon meilleur ami Florian. Si j’ai bien un partenaire de conversation, c’est lui. Elles ne sont pas quotidiennes c’est vrai, car nous avons tous les deux une propension à nous enfermer dans notre bulle et à ne pas donner de nouvelles pendant quelques jours… en revanche quand nous nous retrouvons (généralement autour d ‘un verre de Brouilly), nous discutons à bâtons rompus.

Ce qui est intéressant avec Flo, c’est qu’à l’inverse d’autres amis, nous nous ressemblons beaucoup. En tous cas nous partageons souvent les mêmes états d’âmes, les mêmes réflexions sur le monde.

Nous avons aussi des centres d’intérêts en commun comme la littérature ou la musique, ce qui à mon avis nourrit nos personnalités de la même graine. La différence bien sûr est que c’est un homme, et moi une femme. Et que ça rend tous ces échanges absolument fascinants, de voir et d’écouter « l’autre côté ».

Je lui pose souvent mille et une questions sur ses relations amoureuses, amicales… ses échanges en entreprise (il est dans la même boîte depuis plus de 4 ans, ce dont je suis absolument incapable vu mon instabilité chronique…) et j’adore constater à quel point chacun d’entre nous, être humains, a des facettes aussi différentes, parfois même contradictoires. Des fulgurances, des zones de lumières mais aussi des failles.

À mon sens c’est d’ailleurs ce qui constitue vraiment notre richesse. J’ai toujours eu du mal avec les personnalités trop lisses, les « sans-nuances ». Je les trouve ennuyeux et dangereux. 

Et puis, je crois qu’au fond ça me rassure aussi un peu, à l’heure où plus que jamais je me cherche. J’ai tellement d’envies et de rêves différents, je trouve du plaisir et de l’épanouissement dans tant de schémas potentiels, dans tant de perspectives de vies imaginées… que j’avoue que je me perds parfois dans ce champ des possibles. 

Parfois toute cette complexité, qui constitue notre humanité bien sûr et sans laquelle tout aurait moins de saveur, m’asphyxie un peu. Je me pose trop de questions. Questions qui, avec la sur-sensibilité qui fait mon caractère, ont tendance à me submerger. 

J’aimerais apprendre la recette du lâcher-prise. Ou du moins de la véritable écoute intérieure : celle qui permet de se lire de façon limpide, de démêler les nœuds et de glisser avec légèreté sur le chemin du destin. Celle qui sublime la complexité des êtres et qui nous permet de nous délester des angoisses. Celle qui apporte sérénité et confiance tant elle nous libère des injonctions des uns, des autres, de la société.

Celle qui, définitivement, nous connecte à notre désir profond. 

Cette écoute qui permet un jour de répondre à cette question simple et pourtant si difficile : qu’est-ce que je veux ?

De mon côté, la route est encore longue, mais j’y travaille. Entourée des miens, de leurs mots et de mon clavier, pour coucher tout ça. 

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