Lâcher prise - Jade's Paper

Lâcher prise.

Le lâcher-prise : moyen de libération psychologique consistant à se détacher du désir de maîtrise.

Oui, le lâcher prise c’est définitivement une affaire de liberté. Se libérer du jugement, des opinions, des déceptions, des coups durs de la vie, de nos traumatismes, des mensonges… des autres.

Et comme tous les combats pour la liberté, celui du lâcher prise est un chemin épineux, solitaire et souvent rude. Il nous met face à nos limites et à nos émotions, avec une vérité absolue.

Ça, je l’ai appris avec le temps. Ça n’a pas été une révélation d’un instant, un eurêka en pensant à la vie le soir, dans le confort de mes draps. Non, je l’ai vraiment appris avec le temps car justement, le lâcher prise était à priori l’une des facultés qui m’était étrangère.

Particulièrement sensible, très entière et très engagée, j’ai le profil parfait du non lâcher-prise. Je pends les choses à coeur, parfois trop, je veux aller au bout des choses et suis parfois dans la sur-analyse, je le reconnais.

Je travaille donc là dessus : vivre plutôt que comprendre, accepter plutôt que chercher et, finalement, trouver LE bonheur, qui selon moi est un absolu, au delà de toute considération pratique, factuelle ou analytique.

Et ce qui me fait plaisir, c’est que je vois des progrès !

Accepter l’éloignement (physique et moral) des personnes qu’on aime tout d’abord. Mon premier combat. Depuis toute jeune, il a fallu que j’accepte de “perdre” des gens que j’aimais, ou du moins d’accepter leur absence et de parvenir à recréer un équilibre heureux, y compris sans eux. Selon moi, ça a été ma première expérimentation du lâcher-prise, car il me fallait retrouver de la sérénité sans les piliers qui étaient alors les miens pendant les 14 premières années de ma vie.

Plus tard, avec mon début de vie femme et de vie amoureuse j’ai aussi appris que lâcher prise rimait avec confiance et vulnérabilité. J’ai lu un jour dans un livre, une phrase qui m’a marquée à vie, il me semble qu’elle est de Freud : “Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons.” Pour moi la signification de cette phrase est en réalité qu’en effet lorsque nous lâchons vraiment prise (condition sinéquanone selon moi pour véritablement aimer et être aimé) nous sommes dans un abandon de nous-même qui nous rend particulièrement vulnérable. Et forcément, ça, ça fait peur. Sur ce point, bien qu’étant une amoureuse de l’amour, romantique et rêveuse, je reconnais faire encore un peu de résistance car ma capacité à me créer une carapace est particulièrement développée.

Et puis ensuite, avec les divers aléas de la vie, j’ai expérimenté plusieurs situations où le lâcher-prise a été fondamental : mes choix personnels, amicaux, professionnels, la création du blog, le jugement des autres, la validation de mes pairs… qu’il est difficile de continuer sa route sans se faire de soucis.

“Se faire du soucis” : voilà, pour moi c’est la formule qui résume le mieux l’état dans lequel on se trouve quand on refuse de lâcher prise justement. On ressasse, encore et encore, et on fini paralysé par nos inquiétudes, prisonnier de nous-même, prisonnier des autres. Comme je connais bien cet état d’inhibition, où, de peur de déplaire, de peur de gêner ou de déranger, on s’empêche d’avancer et on passe parfois même à côté de la route qui semble pourtant s’ouvrir devant nous !

Le plus important réside alors dans notre capacité à faire de cet état un moment passager. Mieux, le moment crucial de prise de conscience qui, comme par miracle, nous pousse finalement dans la bonne direction. Vous savez un petit peu comme le coup de pied tout au fond de la piscine qui nous permet enfin de respirer à plein poumon. Quelle délivrance n’est-ce pas …

Alors que j’écoute “7 seconds” de Youssou N’Dour là tout de suite, je souris quand je pense que c’est bien moi qui écrit cet article. Comme j’ai changé… c’est dingue. Je me souviens encore de ce désir de validation, de cette farouche envie d’être aimée, de cette obsession d’être appréciée pour ce que j’étais, que j’avais quand j’étais plus jeune… à tel point que ça m’a dévié à nombreuses reprises de la route qui je crois, m’étais destinée. Cette pression morale a été trop forte pour moi et m’a fait perdre du temps en un sens. Bien que je suis une fervente croyante du destin, et que je pense que tout arrive pour une raison, je crois aussi que plus tôt cette précieuse prise de conscience opère, mieux l’on se porte et plus vite on trouve la force d’être libre.

Parce que, quand on y pense, ce désir de liberté, cette volonté de vivre selon ce que l’on croit profondément mériter est sans aucun doute la force la plus puissante, celle qui a été à l’origine de toute les grandes révolutions populaires de ce monde.

Alors aujourd’hui c’est avec sérénité mais aussi presque une forme de délectation, que je chérie cette capacité à lâcher prise, à dire merde et à continuer ma route… y compris seule.

ps : tout va bien avec Jo hein ! N’y voyez aucun message caché ! Il s’agit juste, comme d’habitude d’une réflexion plus globale sur la vie. Envie de lire d’autres stories ? Rdv ICI

Love, J

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