Poursuite Excellence - Jade's Paper

Poursuivre l’excellence & aller au sommet de soi-même

Après avoir désespérément essayé de m’auto-bâillonner sur ce sujet… au risque de paraître moralisatrice, je n’ai d’autres choix que de reconnaitre que cette stratégie se solde par un échec cuisant puisque me voilà pour vous en parler justement. Bien évidemment il y a une raison à ce revirement de situation, et elle date d’hier soir. Alors vous voyez : je n’ai pas tardé à expulser ce que j’avais à dire … tant ça me taraudait.

Voilà ce qu’il s’est passé.

Alors que j’avais déjà une réflexion qui prenait racine en mon for intérieur, et qu’inconsciemment je réfléchissais sur le sujet depuis plusieurs jours… je me motive hier soir à faire une séance de sport supplémentaire – pour changer – mais surtout à essayer ce nouveau cours que j’ai vu apparaître sur mon planning : « burning cycle ».

Dans ma tête c’est limpide : ils ont compris que la mode était aux cours intenses et diablement explosifs alors en plus du cycling habituel, ils ont rajouté ce cours qui ne dure que 30 mn et qui promets des sensations fortes. Je lis le descriptif du cours sur l’application et cela confirme ma première impression : ça va décoiffer ! En même temps avec un nom pareil : BURNING CYCLE, c’était assez évident ! Exit les mauviettes, ce cours est fait pour les durs à cuire, prêts à se transcender pour atteindre un niveau d’intensité rare – me dis-je en marchant énergiquement, motivée comme jaja, en direction de la salle.

Inutile de vous dire aussi que, nostalgique du SoulCycle… je me faisais une joie de renouer avec cette pratique et les sensations qui vont avec.

J’arrive donc à la salle et je m’installe sur mon vélo. Déjà, je constate, légèrement désabusée, que les lanières des pédales de mon vélo sont défaillantes et après 5 longues minutes à essayer de les rafistoler, je me résous à m’installer pour commencer le cours, incertaine que mon bricolage tienne la séance. J’avoue qu’à ce moment là je suis déjà un peu contrariée. Je suis dans la salle de vélo depuis plus de 10 minutes, la coach n’est pas là pour s’assurer que nous sommes bien installés et que le matériel qu’elle va utiliser est opérationnel, elle a 5 minutes de retard et pourtant il me semble l’apercevoir, en train de discuter, juste là, à quelques mètres. Etonnant, mais bon… « Jade, allez tu es là pour toi et pour te défouler. Mets tes réflexions de côté et habite le moment que tu as choisis de vivre » me dis-je.

La musique démarre. Ah tiens choix étonnant… une musique… française… assez calme et avec un volume relativement bas. Bon, ça doit être l’échauffement. Ok ok, pourquoi pas. La coach se décide enfin à faire son travail et nous lance un « c’est parti vous êtes chauds ? » à peine audible et auquel elle semble elle-même de pas vouloir répondre. C’EST UNE BLAGUE ?

Bref. À ce moment là, j’ai encore envie de lui laisser une petite chance. Elle nous explique que le cours va être extrêmement cardio et que nous allons travailler en HIIT – principale différence avec le cycling classique et qu’il va vraiment falloir tout donner pendant 30mn. « Youpiiiii » me dis-je : je ne me suis donc pas trompée, ça va être génial.

Tu parles.

Déconfiture totale. Pire cours de vélo de toute ma vie. Aucune énergie, aucune motivation de la part de la prof, aucun travail sur la musique, des moments d’absence… ce cours est d’une médiocrité sans nom. Le meilleur ? Le moment où elle nous dit, face à l’absence d’énergie émanant du cours : « ahhhhh vous avez vu c’est vachement cardio hein, vous avez l’air cuit ! », sourire aux lèvres. Non ma grande, on a juste l’air de s’emmerder royalement.

Pour couronner le tout ? Au bout de 20mn les sangles de ma pédale se font la malle et je passe les 10 dernières minutes à les resserrer toutes les 30 secondes. La prof est-elle venue me voir pour trouver une solution ? Fixer elle-même la pédale ? Me demander si je voulais changer de vélo ? Nooooon voyons – pour quoi faire ?

La fin du cours arrive enfin et j’observe la prof qui affiche un sourire radieux sur son visage. C’est qu’elle est satisfaite en plus ! Je n’en reviens pas. Elle est vraiment fière d’elle et conclut par quelques mots d’autosatisfaction. « Vous avez vu ça n’a rien à voir, on est sur des cycles de travail plus courts et plus intenses ! C’est idéal pour brûler du gras. On est environ sur une perte de 150 à 200 calories sur ce cours. C’est super ! ». Non MAIS C’EST UNE BLAGUE OU PAS ? Même toute seule sur mon elliptique je fais plus que ça en 30 mn et on ose nous servir ça comme du BURNING CYCLE. Je craque. Et mon énervement dépasse l’entendement.

Vous l’aurez compris, à ce moment là c’est surtout la frustration qui parle… mais pas que. À vrai dire, avec un peu de recul, je me rends compte que ce cours n’est pas l’unique responsable de ce que je ressens, au fond de moi.

Je n’arrivais pas à mettre le doigt sur ce qui me rendais aussi irritable depuis quelques jours, notamment depuis mon retour de New-York, mais cette fois ci c’était très clair et toute cette situation avait mis la lumière sur une réflexion qui grandissait en moi depuis plusieurs semaines et qui me faisait grincer des dents.

C’est alors que me vinrent en tête tous les moments où j’avais eu ce sentiment que je ne savais encore nommer. Mille et un exemples se bousculaient dans ma tête, et souvent un constat qui me fait 1. Me questionner sur le pourquoi ça arrive et 2. M’agace profondément.

Mon problème ?

Je ne comprends pas pourquoi, particulièrement en France, nous n’avons pas cette culture de l’excellence.

Voilà c’est dit.

Pour moi, quelque soit ce que l’on fait, que ce soit la façon dont on fait son lit le matin, la manière dont on s’entraîne à la salle, le rythme auquel on travaille ou encore la manière dont on exprime ses passions, on devrait le faire avec la volonté profonde de le faire de la meilleure des façons possible. Avec engagement, jusqu’au-boutisme, passion et surtout avec un énorme amour. L’amour du travail bien fait pour commencer.

Quelle plus grande fierté non ? Mais aussi l’amour de procurer à l’autre, que ce soit notre moitié, notre collègue, notre ami ou encore un simple client, le meilleur de ce que l’on a à offrir.

Aux Antilles, on a une expression qui résume bien ce laxisme qui m’est devenu insupportable : « i bon kon sa » – signifiant littéralement « c’est bon comme ça » et sous-entendu « pas besoin de se casser la tête… ça paaasse ! ».

Et j’avoue que j’ai peu de tolérance pour ceux qui adoptent cet état d’esprit dans leur vie quotidienne. Pour moi que tu sois serveuse, danseuse, blogueuse, chirurgien, psychologue, prof, trader ou éboueur : fais ce que tu as à faire du mieux que tu le peux.

Plus je regarde autour de moi et plus je constate, impuissante, ce manque criard d’engagement. Au sens premier du terme. Merde, que tu sois en train de remplir une tasse de café ou de rédiger une lettre à l’encontre du Président : tant qu’à le faire, fais le bien non ? Ou alors fais autre chose.

Lorsque je constate ce genre d’attitudes dans le domaine professionnel, je me dis tout d’abord que cela vient du fait que la majorité des gens font ce qu’ils font non pas par envie, par choix ou par amour mais juste parce qu’il fallait le faire. Le problème c’est qu’en fait, « fallait » n’est pas le bon mot. Après tout, pour la très grande majorité d’entre nous, on a le choix de savoir qui l’on veut devenir et comment l’on veut occuper ses journées.

Et même lorsque l’on n’a pas le choix, parce que non, je n’écris pas ce papier à travers le prisme étroit de ma vision de privilégiée, on peut trouver du sens à ce que l’on fait. La question la plus importante devient alors le POURQUOI. En fait c’est même ce qui devrait être à la base de chacune de nos actions – pourquoi ? Parce que pour faire quelque chose avec discipline et esprit de réussite, il faut intégrer la raison pour laquelle on la fait.

D’ailleurs la quête de sens dans laquelle les jeunes de ma génération se lancent à corps perdus, illustrée notamment par des changements de voies par milliers, n’est pas une utopie : c’est un besoin – vital.

Pourquoi je me tue à servir des cafés toute la journée ? Parce que je veux pouvoir me payer mes cours de théâtre et réaliser mon rêve. Pourquoi je fais 20h de sport par semaine ? Parce que je veux devenir le meilleur boxeur de ma catégorie. Pourquoi je suis professeur des écoles ? Parce que je veux que la génération de demain soit éduquée et indépendante. Pourquoi diable je m’évertue à persévérer dans cette voie alors que tout le monde me dit que je vais échouer ? Parce que je crois en moi et en mes capacités à y arriver.

Quelque que soit votre pourquoi et votre parce que – il est en fait à la base de toute réflexion. C’est le socle fondamental et extrêmement solide des actions qui vont réellement façonner votre vie. Ma conviction c’est que tant que l’on n’aura pas compris, analysé et intégré le pourquoi de nos actions, elles seront en fait vouées à l’échec.

Un petit peu sûrement comme cette prof de fitness, qui au fond ne semble pas trop savoir pourquoi elle était face à nous l’autre jour, et qui, parce que c’est plus facile, a préféré choisir le « i bon kon sa ».

Tout à l’heure je pointais du doigt le système Français ou du moins, j’exprimais le fait que ma frustration s’est trouvée exacerbée par mon retour de New-York. Si vous avez lu cet article et celui-ci, où je vous parle du SoulCycle et du DryBar, vous aurez compris que l’une des choses que j’aime le plus chez les Américains, en tous cas à New York, c’est cette recherche d’excellence, quel que soit le domaine. Ces deux exemples sont à vrai dire extrêmement révélateurs : chacune dans leur domaine ces deux entreprises ont choisi UN domaine et les ont développés jusqu’au bout. Ne négligeant aucun détail, ne laissant rien au hasard et faisant de ces lieux, des endroits fiables, extrêmement bien pensés et particulièrement agréables pour le client.

Alors forcément quand je reviens à Paris et qu’en moins d’une semaine, j’expérience quotidiennement la déception de ne pas vivre les choses intensément, que j’observe autour de moi que baisser les bras et se contenter du « très-moyen » est devenu le sens commun… une forme de complaisance à peine supportable… je vous avoue que ça me déprime un peu. Je suis tellement sensible à tout ça, j’ai tellement besoin d’être inspirée des autres, de ce qui m’entoure, des comportements que j’aime observer et analyser, que ça m’a atteint plus que ça ne le devrait. Je le sais bien.

J’ai juste du mal à comprendre où est passé notre capacité à nous transcender pour atteindre ce que l’on veut… encore faudrait-il le vouloir d’ailleurs : être meilleur, jusqu’à devenir excellent.

Parfois, je me dis que c’est vrai, en France, on ne nous encourage pas à chérir cette culture de l’effort, cette culture du « toujours plus, toujours plus haut » et encore moins celle du « tout est possible ». On a trop cultivé la peur de l’échec. T’imagine… Faudrait quand même pas qu’on se mette à croire que tout est possible et qu’on tente avec toute notre énergie et le maximum de notre investissement, de réaliser nos rêves. On pourrait quand même échouer. Tomber ! Ahouuu… Et plutôt que de nous apprendre à nous relever… on nous dit plutôt qu’il est plus sage de ne pas sauter.

Alors avec tout ça moi, j’essaye quand même de nager à contre courant, avec les quelques compagnons de route que j’aperçois autour de moi (et que je suis chanceuse de compter parmi mes amis) et de me dire que même si c’est dur, même si je suis déjà tant tombé, rien n’est plus beau que de vivre intensément, sans retenue, en donnant tout ce que l’on peut donner, en essayant d’atteindre l’excellence, toujours. Et puis si j’échoue, alors je retenterai encore et encore jusqu’à trouver ma place, celle où l’excellence sera une évidence.

Car j’en suis persuadée, nous avons tous une mission sur Terre, pour laquelle nous sommes faits et pour laquelle nous ne sommes pas interchangeables. Il faut juste la volonté inébranlable de toujours vouloir la découvrir.

5 comments

  1. gladys

    bonjour Jade
    ton article tombe à pic je viens tout juste de commencer à lire miracle morning qui pousse à être une meilleure version de soi même.
    ton article va exactement dans le même sens
    merci pour ton partage , ta motivation, et d’être aussi passionnée ça fait du bien !!

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    1. jadespaper

      Hello Gladys ! Super initiative !
      J’ai un article qui parle du Miracle Morning si ça t’intéresse. Ça fait environ 1 mois que je le pratique : c’est top !
      Bon courage pour la suite et mille mercis pour tes encouragements !!! Gros bisous 🙂

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  2. Barbara

    Jade,
    je suis tombée par hasard sur ton blog en me baladant sur internet.
    Je suis à 150% d’accord avec ce que t’exprimes. La médiocrité – qui se transforme en cynisme et frustration avec les années qui passent – n’a jamais rendu service à personne. Il faut viser l’excellence, malgré les difficultés, la fatigue et la lassitude qui s’installent parfois quand on exerce un métier depuis un certain temps (ou alors changer de vie).
    Les retours de NY (je connais), ils font mal.
    Et ce que tu dis sur la salle, ça ne donne pas envie de revenir (je ne comprends pas qu’on veuille bien investir dans les réaménagements sans se soucier plus de la qualité de personnes qui doivent accompagner les adhérents…)

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    1. jadespaper

      C’est Barbara du CMG ?? C’est cool de te lire 🙂
      En effet ce que tu dis est vrai, mais je choisis de ne pas me laisser contaminer !!! #POSITIVEATTITUDE ! ahah
      Bises !

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  3. Stéphanie

    Tout est dit !! Une fois de plus, un plaisir de lire les mots d’une passionnée de la vie…tellement d’accord concernant cette médiocrité qui nous entoure. Je suis une maman d’un garçon de 11 ans et aujourd’hui je me dis ceci : “heureusement qu’il a une mère qui le pousse toujours plus loin, toujours plus haut, qui l’encourage car c’est pas avec le système scolaire français qu’il va y arriver ! ” Nous sommes tellement en retard sur tout en France..Quand je pense que dans certains pays, les enfants retrouvent, sur leur table d’écoliers, des messages personnels de leur professeur, les encourageant, les stimulants, leur disant tout simplement tu es le meilleur, tu peux y arriver !! Crois en toi !! Je pourrai citer d’autres exemples et sur bien des sujets mais vous l’avez fait pour nous..alors pour cela, merci ! Belle journée 😉

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