Premiers souvenirs marocains

L’histoire de mon premier voyage au Maroc est assez jolie.

Il y a environ un deux ans, j’ai fait la connaissance de Lamia. Entre deux passes de salsa et, en un regard complice teinté d’admiration et de curiosité mutuelles, nous sommes devenues amies. A l’instar d’un coup de foudre amoureux, notre amitié est allée très vite : un premier café en terrasse, en guise de mise en marche symbolique et puis bientôt un sentiment indescriptible. Un je-ne-sais-quoi qui lie deux êtres à jamais. Depuis ce jour nous ne nous sommes plus quittées et nous avons vécu main dans la main, les péripéties de la vie. Un régime pré-été à deux (passage obligée entre copines), son mariage en Corse, la rencontre avec mon boyfriend, notre salsa hebdomadaire, son anniv’, mon anniv’, des surprises, des projets… ses projets justement. En avril dernier la nouvelle tombe : Lamia part s’installer à New York à la rentrée : c’est l’opportunité professionnelle de sa vie.

Là on réalise. Copines, voisines, partenaires de danse, de sport … plus que des amies, Lamia et Jade, c’est devenue une famille. Et envisager de ne plus vivre notre quotidien ensemble nous serre le cœur. Et d’un autre côté, nous partageons ce rêve commun, indescriptible : New York. Chacune à notre façon, nous sommes de ceux qui sont touchés par l’énergie électrisante de cette ville… et l’imaginer là-bas me comble de bonheur, pour elle.

Là, on réalise aussi que le compte à rebours a commencé et qu’il nous reste peu de temps pour vivre, malgré tout, ces moments que l’amitié appellent.

C’est donc décidé, cette année, nous nous ferons découvrir mutuellement nos terres natales. Le Maroc pour Lamia et la Martinique pour moi.

Les dates fixées et les détails logistiques réglés, me voilà embarquée sur un A319 d’Air France en direction de Casa, là où déjà, mon grand père avait posé bagages pendant la deuxième guerre mondiale avant de rejoindre les forces libres à… New York… un hasard direz-vous ? Je vous réponds la vie.

Le léger choc de l’atterrissage me sort de ma somnolence et me voilà arrivée à Casa. Je ne sais pas à quoi m’attendre : prenez ça pour un cruel manque de curiosité, peut-être, mais je n’ai rien regardé de Casa sur internet. Positionner la ville sur la carte du Maroc, ça je peux, pour le reste, je m’en remet à Lamia et à sa famille. Je suis donc excitée bien sûr, mais je suis surtout dans l’expectative. Non seulement c’est ma première fois au Maroc, mais aussi dans un pays arabe, et je ne sais pas à quoi m’attendre. Il me reste donc tout à découvrir, et l’aventure, c’est sûrement ce que j’aime le plus au monde.

Les 4 premiers jours de mon séjour, qui en comprend 5, se déroulent à Casa même, là ou mon amie a grandit. Je sais ce que ça fait : tenter, avec les mots, avec des lieux et des mises en situation de montrer à quelqu’un ce qu’a été notre vie, dans cet ailleurs qui nous est si familier. J’ai l’impression moi aussi d’avoir passé ma vie à tenter de décrire ce qu’à pu être mon enfance insulaire, sans jamais pourtant percevoir que quiconque parvenait à réellement l’imaginer. C’est marrant. C’est peut-être pour cette raison que je n’ai pas cherché à montrer à Lamia que oui « j’imagine tout à fait comment c’était doudi » et je me contentai de vivre et d’éprouver ce qu’a été sa vie de 0 à 18 ans.

Casa étant un peu la capitale économique du Maroc, il y règne cette atmosphère des villes en pleine mutation offrant son lot d’opportunités : des immeubles sortent de terre à chaque coin de rue, les jeunes revenus (ou restés) au pays semblent déterminés à entreprendre et à façonner le visage du futur Casa. Concept stores, restaurants, centres sportifs, plages privées (qu’il faut connaître, car plutôt cachés)… en été la ville est dépourvue de ses travailleurs habituels et malgré une circulation qui reste dense, nous voguons, avec Lamia, au rythme des vagues qui s’échouent inlassablement sur la côte, à quelques mètres de nous.

J’ai donc vécu à la Marocaine pendant ces 4 jours : promenades dans la vielle ville, qui peut évoquer un peu Marrakech et ses souks, séances de sport dans l’un des complexe sportif qui jouxte le bord de mer, aprèm bronzette à la plage en admirant l’océan (mais en ne s’y baignant pas : trop glacée pour l’enfant des îles capricieuse que je suis) et sorties nocturnes à l’abri des murs, où j’éprouve le caractère chaleureux des marocains.

Jour 5 : direction Mazagan. Originalement, nom d’une ville, Mazagan est aussi le nom de l’incroyable resort où j’ai passé mes dernières 24 heures au Maroc. Une superbe expérience, entre luxe et aventure. Digne d’un palais des mille et une nuits, la bâtisse qui abrite l’hôtel est aussi majestueuse que démesurée et abrite, entre autre, un parcours de golf, un circuit de carting, une immense plage privée, 7 restaurants, un spa, des terrains de tennis, un ranch et j’en passe… Mais ça sera finalement dans le confort de nos lits, au bord de la piscine et face à l’océan que Lamia et moi nous feront nos derniers premiers souvenirs marocains ensemble. Entre soirée pyjama avec notre cops Nawell Madani sur l’iPhone, balade à dos de chameau et confidences à l’ombre de nos parasols, ces 24 heures ont été intenses !

Et déjà, l’heure du départ.

Un voyage qui m’aura marqué, pour toujours. Alors oui, je vous dirais bien que j’ai adoré le Maroc, tant je m’y suis sentie bien accueillie, mais je crois surtout, et ça sera là la fin de cette histoire : qu’importe votre destination, la qualité du voyage réside en l’autre : cette personne qui, par sa simple présence, en fera un moment unique.

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