Jade's Paper - un peu beaucoup intensément

Un peu, beaucoup, intensément…

Pour tout vous dire, ma semaine n’a pas été des plus positives… Ces derniers jours, depuis le fameux weekend à la campagne, et mon article sur le temps qui passe, je me suis sentie assez mélancolique. Chaque journée à affronter, porteuse et son lot de petits combats, m’a semblée insurmontable. Même ma séance de sport quotidienne, habitude inébranlable depuis tant d’années, que dis-je, plaisir incontournable de mon mode de vie aux inspirations californiennes (lol), m’a semblée être une corvée que je ne pouvais définitivement pas honorer.

Résultat, à peine deux séances de sport un peu molasses cette semaine, de la malbouffe (un joli classique pour combler le vide qu’on n’arrive pas à identifier) et plein de mauvaises pensées ! Le tout sous le soleil radieux de la capitale… non je déconne, le tout avec une belle grosse grisaille, saupoudrée d’un froid glacial et de plusieurs averses.

Oui, je sais dis comme ça tout ça sonne parfaitement déprimant et vous n’avez qu’une envie, vite zapper cet article qui ne remplit pas mais alors pas du tout son rôle de petit divertissement du jour ! Je saaaaais… mais restez encore un peu, vous me connaissez maintenant : il y a du positif dans tout ça.

Tout d’abord sans tomber dans l’analyse, qui se révèle parfois stérile (après tout comprendre en profondeur pourquoi on ressent telle ou telle émotion n’est pas toujours nécessaire), j’ai voulu tout de même identifier quelques causes de ce blues passager. Pour tout vous avouer je déteste me sentir comme ça car j’en éprouve beaucoup de culpabilité. Je me dis que je suis en bonne santé, que j’ai tous les jours de quoi me vêtir, me nourrir, me divertir… que je suis aimée plus que de raison et que j’aime à mon tour. Je fais ce qui me fait vibrer, un peu chaque jour, entre création, écriture, fitness, partage et j’en passe. Ce sentiment me met donc très mal à l’aise car j’estime qu’il m’est illégitime… et du coup j’essaye d’en trouver les causes.

Il ne m’a pas fallu longtemps pour mettre le doigt sur quelques pistes : la météo particulièrement morose bien sûr, qui impact beaucoup trop mon moral d’ultramarine, mais aussi le mode de vie parisien et son lot de contraintes, dont je vous exposais les prémices dans un article du mois d’août (à lire ici) et bien sûr les classiques insécurités féminines lié à l’apparence physique ou encore le jugement d’autrui.

Cette semaine j’ai aussi achevé la lecture d’un roman : Martin Eden de Jack London, qui m’a énormément touchée mais après quoi j’ai été à fleur de peau…

Alors bien entendu, comme tous les petits coups de blues passagers, ça n’a pas été la déprime tous les jours toute la journée ! Vous me connaissez un peu maintenant, je suis de nature ultra-positive et je me suis volontiers laissée galvaniser de temps à autre par la gaité et la légèreté de jolis moment de vie : un ciné en amoureux, une balade au jardin du Palais Royal, 24 heures au vert, vos commentaires sous mon dernier article… ça fait tellement de bien et vous en avez été témoins sur les réseaux sociaux.

Mais l’apothéose de ce jeu d’équilibriste, entre petite déprime latente et éclairs de joie, je l’ai eu ce matin, dimanche matin. Après m’être réveillée avec le froid et les bourrasques de vents qui cognaient contre mes volets, me plaignant silencieusement de ma vie parisienne de plus en plus pesante… j’ai finalement réussi à me trainer, contre vents et marées à la salle de sport. Je faisais mentalement la liste de toutes les sucreries que j’avais englouties au cours des dernières 48 heures et sans conviction mais avec la force de la culpabilité, j’ai réussi à franchir le seuil de ma salle de sport à 12h15 tapantes – pile à l’heure pour le cours de bootcamp, presque découragée par la difficulté de la tâche qui m’attendais.

Et là je me suis remémorée… s’il y a bien un principe que je m’applique tout le temps, qu’importe les circonstances, c’est : quitte à faire quelque chose, autant le faire à fond ou ne pas le faire du tout. Ceux qui me connaissent le savent, et peut-être aussi quelques lecteurs et abonnés fidèles de longue date : ma volonté de bien faire, d’atteindre une intensité maximum et d’essayer de toucher du doigt l’excellence est une obsession chez moi. À vrai dire, et c’est peut-être un défaut, je suis assez intransigeante envers moi et envers les autres quand il s’agit de cette croyance : qu’importe nos problèmes, nos humeurs, nos faiblesses on doit toujours se donner à fond et ne rien compter de l’énergie que l’on donne.

Et c’est d’autant plus vrai quand il s’agit de sport

Et alors que ce matin, à l’instant même où je me battais comme une lionne pour enchaîner les exercices barbares et terriblement difficiles du bootcamp (auxquels je suis pourtant habituée) ça m’a frappé de plein fouet. Un peu, beaucoup, intensément ! J’ai entrevu une autre vérité.

Je n’arrive pas à croire que c’est la première fois de ma vie que je voyais les choses sous cet angle. Je comprenais, à cet instant précis, alors que je m’accordais une milliseconde de répit dans ces 2 minutes de gainage en posant mes genoux au sol, que parfois dans la vie, on fait juste comme on peut.

Et que ce que l’on peut n’est pas uniquement déterminé par notre seule volonté, bien qu’elle est le décideur principal de chacune de nos actions, mais qu’il y a aussi ces moments où notre fragilité prend le dessus et où notre force perd de son impact. C’est justement dans ces moments là que nous éprouvons la puissance de la volonté oui, mais c’est aussi dans ces moments là qu’il faut se rendre compte que le défi du jour est en fait ailleurs. Et c’est précisément à ce moment là, qu’il faut accepter qu’à défaut d’intensité et de perfection dans l’action, le simple fait de l’enclencher est un effort et une marque de volonté qu’il faut chérir.

Vous voyez ce matin par exemple mon défi n’était en fait pas de faire le bootcamp parfait avec des exécutions parfaites et l’investissement physique et psychique maximal comme d‘habitude, mais plutôt de me lever, de prendre ma douche, de chausser mes baskets, de braver le froid et de me présenter dans cette salle de fitness malgré le fait que mon être tout entier me criait de faire demi-tour pour me lover sous mon plaid.

Voilà. La vie on peut parfois la croquer un peu, beaucoup ou carrément intensément mais l’important est de ne jamais y perdre goût. Ne l’oublions pas, ne sous-estimons pas le pouvoir des petites victoires et soyons indulgents envers nous-même. Il y aura, c’est vrai, des jours meilleurs que d’autre, des jours où nous nous sentirons invincibles et d’autres où sortir de notre lit nous paraîtra un défi insurmontable.

Quoi qu’il en soit, ne baissez jamais les bras car c’est bien connu, après la pluie… le beau temps !

Bonne semaine à tous <3

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