Why people always try to control you - jade's paper

Why people always try to control you ?

Le rapport de force entre les personnes m’a toujours fascinée. Je pourrais passer des heures à les observer, les analyser… et aussi déplaisant que cela est pour moi, également à les vivre, tant ils sont révélateurs de tempéraments. Des baromètres de personnalité, mais aussi, je crois, de société.

Que ce soit dans mes histoires d’amour, d’amitié, mes rapports professionnels ou même simplement sociaux, au détour d’une boulangerie ou d’un grand magasin … l’énergie qui se crée entre deux personnes est pour moi quelque chose de fascinant.

À mesure que j’avance en âge, j’ai le sentiment, pas toujours agréable d’ailleurs, que la norme a petit à petit évolué vers la mise en place d’un rapport de force assez frontal, brusque et surtout systématique. Il faut déterminer, c’est obligatoire, et si possible assez tôt dans la relation, qui domine. En 2019, il paraît essentiel de dominer, d’avoir le dessus.

D’où je viens, la Martinique, c’est quelque chose de très vrai. De très marqué déjà dans mes souvenirs d’ado. Et ça n’a fait que se vérifier depuis.

Je pense également que la propension à juger et cataloguer (mettre dans des cases bien définies, aux contours opaques) est quelque chose qui a accentué cette volonté de domination. Il faut, c’est essentiel, occuper la place du plus fort. De celui qui a raison. De celui qui est suivi, qui a autorité. Plutôt que de celui qui suit, cède, se compromet.

Cette nouvelle norme, si elle est nouvelle d’ailleurs (au 17ème siècle, les moralistes ne condamnaient-ils pas déjà la « libido dominandi »), m’amène à me poser de nombreuses questions. Est-ce ça l’amitié ? Déterminer entre deux personnes, qui est le décideur ? Celui au « caractère fort », qui derrière cette étiquette, se déleste de toute opportunité de dialogue et de flexibilité ?

Et l’amour dans tout ça ? Est-ce devenu une faiblesse d’être facile à vivre, concilient, facilement malléable ? Est-ce à ce point une tare que d’être réceptif à l’influence d’autrui ?

Comme si, l’absence de bras de fer faisait perdre sa saveur aux relations humaines. Comme si le vécu d’un rapport de force, permanent, était seule source d’excitation et seul indicateur de caractère ?

« Moi je peux te dire que ça aurait été différent. Je ne me laisse pas faire, j’ai un gros caractère… ».

N’avons-nous donc de valeur sociale qu’en ces termes ? Est-ce si mauvais de « se laisser faire ». Ou n’est-ce pas plutôt une formidable opportunité de mettre notre tolérance et notre ouverture d’esprit en œuvre ?

Vous l’aurez sans doute compris. C’est l’approche à laquelle j’ai plutôt envie de croire.

Je suis las de cette dérive permanente des uns et des autres de vouloir contrôler autrui. Contrôler leurs réactions, leurs décisions, la trajectoire de leur vie. Comme pour limiter le champ de leur liberté.

C’est depuis toujours quelque chose qui m’interpelle. Qui me révolte même.

L’effet de groupe, ou de couple d’ailleurs, accentue, on le sait, encore un peu plus ce phénomène de nivellement et de mimétisme. Car si alors, « le leader » trouve des pairs allant dans cette même direction (cette volonté d’infléchir les choix d’autrui) il se sent d’autant plus légitime.

C’est peut-être d’ailleurs pourquoi, je n’ai jamais vraiment réussi à m’intégrer aux groupes. Ou même aux relations légères et passagères. Les « potes », les « copines ». Je n’ai jamais réussi à en garder dans ma vie. J’entends encore ma mère me reprocher de ne pas soigner « mon réseau. ». Mais en réalité je me fous du réseau.

Car je ne trouve mon bonheur que dans ces relations profondes et longues, que sont les amitiés et les histoires d’amour. Non pas qu’elles soient plus valables. Car la valeur des relations humaines n’a de baromètre que le degré de bonheur qu’elles nous apportent. Je parle simplement pour moi. De ce que je ressens, dans la vérité de ce dialogue interne.

J’ai tant besoin de sentir cette tolérance dans les relations que j’accepte de construire et dans lesquelles je fais le choix de m’investir. J’ai ce besoin essentiel de savoir que les personnes qui m’entourent m’acceptent, dans toutes mes nuances, dans une forme d’inconditionnel, avec mes faiblesses de visu, sans jamais pour autant avoir l’envie de les utiliser contre moi.

C’est peut-être cela d’ailleurs, la plus grande preuve de confiance : accepter de se montrer vulnérable.

Avec mon père, je partage l’adage suivant : « la gentillesse, seule aristocratie ».

En d’autres termes : je crois au plus profond de moi que la plus grande des forces, la plus profonde des sagesses est cette pureté de cœur, cette bienveillance fondamentale. Qui, même dans vos moments de faiblesse, incombant à votre humanité, vous guide vers un comportement de tolérance et d’ouverture à l’autre.

4 comments

  1. Ami

    J’adore ton article, sérieusement. C’est vrai que dans notre société, tout est un rapport à la force. On te dit tout le temps que tu dois être celui qui a la force quand tu n’es pas meneur naturellement. Personnellement, je n’aime pas la domination. D’ailleurs, ce n’est pas du tout mon truc. J’essaie, du moins pour me faire respecter sinon tu te fais bouffer, mais l’idée d’avoir un rapport à la force ne m’enchante pas vraiment. Et même dans ce qu’on appelle “les amitiés” il y ai alors qu’il n’y a pas lieu d’être.
    Tout ça pour te dire que je te comprends totalement sur ce point.
    Xoxo 💋

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  2. Charlene

    J’ai adoré cet article, c’est très rare que je consacre du temps a lire des articles de blogs. Le titre m’a interpellée et je ne regrette pas d’avoir pris un moment pour te lire. A quelques mots près j’aurais pu écrire pareil.

    👍🏽👍🏽👍🏽👍🏽

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  3. Lamria

    Bravo pour cet article poignant et singulier! Dommage qu’il soit si court, j’aurais pu continuer sa lecture toute la journée 🤗

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  4. Marie

    Très bel article auquel je dois être honnête je ne m’entendais pas du tout venant de toi (sans jugement mais plutôt une belle surprise)
    J’ai longtemps vécu (et je n’en suis pas encore totalement sortie) sous le contrôle d’un homme… Mon mari en l’occurrence.
    La chose la plus importante à mes yeux = lui faire plaisir. Qu’il soit bien dans toutes les situations, qu’il soit heureux, qu’il soit comblé.
    L’inconvient lorsque l’on fonctionne comme cela, c’est que au delà de se faire souffrir soit même, on transforme également l’autre en une personne toute puissante (et oui on lui donne des mauvaises habitudes comme dit ma mère lol)
    J’ai poussé la chose jusqu’à me perdre totalement… Et un matin il a 5 ans, j’ai été victime d’un AVC ischémique… Paralisie du côté droit en quelques minutes seulement… En quelques minutes je me suis demandé en mon âme et conscience si j’avais envie de vivre ou pas… Je sentais que d’un côté j’allais devoir me battre pour rester en vie et de l’autre ce qui m’appelait était tellement doux et paisible….
    Ma décision a été de me battre en me demandant si j’avais réellement vécue ce que j’avais à vivre sur cette terre…
    J’ai décidé de me battre et j’ai bien fait
    Je suis une autre personne désormais
    Avec encore quelques démons mais qui n’en a pas
    Merci pour m’avoir fait replonger dans mon parcours et m’avoir permis de l’écrire… Chose que je n’avais pas faite en 5 ans 😊💕

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